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Évacuation de migrants à Durban : La xénophobie refait surface en Afrique du Sud

Évacuation de migrants à Durban : La xénophobie refait surface en Afrique du Sud

Tensions xénophobes à Durban : Une évacuation d'urgence

En mai 2026, l'Afrique du Sud est de nouveau le théâtre de violences xénophobes. Le 21 mai, les autorités ont dû intervenir en urgence à Durban pour évacuer environ 400 ressortissants étrangers qui s'étaient réfugiés dans le centre chrétien Diakonia. Ces personnes, incluant des femmes et des enfants originaires notamment de la République Démocratique du Congo, d'Éthiopie, du Rwanda et de Somalie, cherchaient à échapper à des menaces de lynchage.

Les réfugiés ont été escortés vers des bus gouvernementaux pour être transférés dans un centre officiel. Durant cette évacuation, des migrants ont présenté leurs documents d'identité à travers les vitres des véhicules, dans une tentative désespérée de prouver la légalité de leur séjour face à une foule hostile qui scandait des slogans anti-étrangers.

Le groupe « March and March » et son ultimatum

Ces événements sont directement liés aux actions du groupe radical basé à Durban, « March and March ». Le 20 mai, cette organisation a orchestré une manifestation majeure, accusant les étrangers d'être responsables de la criminalité et du chômage dans la province. Le groupe a émis un ultimatum, exigeant que tous les ressortissants sans papiers quittent l'Afrique du Sud avant le 30 juin 2026. Bien que cette menace soit dépourvue de fondement légal, elle a semé la panique parmi les communautés migrantes.

Des témoignages poignants ont émergé de cette situation. Sur les réseaux sociaux, un demandeur d'asile congolais, Raphael Bahebwa, a exprimé son désespoir en déclarant : « C'est comme si je n'étais pas humain. » Un autre survivant a confié avoir fui la guerre dans son pays pour ne pas trouver la paix en Afrique du Sud.

Implications politiques et défis pour l'Afrique du Sud

Ces incidents surviennent à six mois d'élections locales importantes, suggérant que la xénophobie pourrait devenir un enjeu électoral majeur. L'exploitation de la misère sociale et des défaillances des services publics par certains partis politiques, en désignant les étrangers comme boucs émissaires, est perçue comme un jeu dangereux par de nombreux observateurs.

Le silence apparent du gouvernement face à l'ultimatum du 30 juin inquiète les organisations de défense des droits de l'homme. L'absence de condamnation officielle des menaces de la milice de Durban est interprétée comme un signe que le climat pré-électoral paralyse la réaction des autorités. Les capacités d'accueil des centres gouvernementaux étant déjà saturées, le transfert des 400 personnes ne fait que déplacer le problème, et la menace de violences à grande échelle demeure si les discours de haine ne sont pas endigués.

Cette évacuation forcée à Durban est considérée par beaucoup comme un échec pour l'Afrique du Sud, autrefois un symbole de tolérance. En permettant à des milices d'imposer leur loi et de terroriser des communautés, le pays s'enfonce dans une crise morale qui pourrait avoir des répercussions sur l'intégration économique du continent africain.

Source: Le Journal du Congo